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Alexandre, autiste, est en terminale à Notre-Dame du Grandchamp à Versailles. Alors que le bac vient de débuter, il nous explique son parcours semé d’embûches pour poursuivre sa scolarité.

«Je révise tous les jours de 10 heures à 16 heures pour le bac». Alexandre Hueber, 18 ans, prépare un bac pro gestion-administration au lycée Notre-Dame du Grandchamp à Versailles (78). Atteint d’autisme, le jeune homme a redoublé de travail année après année pour exploiter son potentiel et ne pas être condamné à vivre dans l’ombre des autres. Selon la définition du Centre de Ressources Autisme Île-de-France, l’autisme est un trouble du développement débutant à la naissance et touchant les interactions sociales, la communication, le comportement avec des gestes répétitifs, stéréotypés, des rituels, des intérêts restreints. Aujourd’hui, 650 000 personnes en sont atteintes en France, une naissance sur 100. Et 80 % des enfants atteints d’autisme ne sont pas scolarisés. Ce qui montre la force de caractère dont Alexandre a fait preuve pour suivre une scolarité dite «normale».



«Il avait tendance à se tenir à l’écart de ses camarades»

Si le jeune homme n’a pas eu de problèmes de vivacité d’esprit, les interactions sociales et la prise de paroles étaient de gros freins à sa progression explique Violetta, son auxiliaire de vie scolaire (AVS) qui l’accompagne dans son quotidien au lycée: «Il avait tendance à se tenir à l’écart de ses camarades, sauf s’ils venaient vers lui. Pendant de longues journées nous avons travaillé la socialisation. Cette année sa classe a organisé des binômes pour travailler sur un projet commun, ça lui a fait un bien fou, il est beaucoup plus autonome. Aujourd’hui je dirais que je le conseille plus que ce que je ne l’aide». Et les notes suivent: Alexandre tourne à 13-14 de moyenne générale depuis la seconde.

 

«Avant j’étais vraiment distrait en classe»

«Avant j’étais vraiment distrait en classe et je me suis rendu compte que gênais parfois mes camarades, Maintenant ça va beaucoup mieux. Certes je dois travailler pour me rapprocher de l’autonomie totale mais j’ai confiance.» explique-t-il. Des efforts continuels qui paient aujourd’hui, puisque le jeune homme vient de recevoir une nouvelle qui fait son bonheur. «J’ai appris hier que mon premier vœu d’APB était exaucé , l’école Tecomah m’accepte en BTS aménagements paysagers» se réjouit-il.

«Au tout début ne savais pas quoi lui dire»

Certains de ses professeurs avouent que cela n’a pas été facile d’instaurer une relation franche et cadrée avec le jeune homme, comme avec d’autres adolescents atteints des mêmes troubles. «Au tout début je ne savais pas quoi lui dire», avoue Cécile Le Guillou, directrice déléguée du lycée professionnel. «J’ai eu le même cas avec un lycéen atteint du syndrôme d’asperger et lorsque j’expliquais quelque chose de difficile, il n’arrêtait pas de sourire, je me demandais pourquoi. Aujourd’hui je sais que c’est l’un des signes qui exprime une incompréhension. Sans l’aide de son auxiliaire de vie scolaire, je ne le saurais toujours pas. Cela nous a aidé à mieux comprendre la personnalité d’Alexandre».

«Heureusement, il est accompagné depuis qu’il est tout petit»»

Même son de cloche pour Marie-Victoire Herbelin, sa professeure de terminale. «Sa présence a été d’une grande aide, bien que quelques fois perturbante car je ne savais pas à qui revenait la tâche de lui réexpliquer les choses qu’il n’avait pas comprises». Emmanuel, le père d’Alexandre, se réjouit d’avoir toujours eu la chance de bénéficier d’une aide extérieure. «Heureusement, il est accompagné depuis qu’il est tout petit» explique le père d’Alexandre, qui alerte néanmoins les parents sur la difficulté de bénéficier d’une aide durant la scolarité. «Tout le monde n’a pas cette chance nous en sommes conscients. Sans AVS il ne serait pas en terminale mais certainement en hôpital de jour.» conclut-il.