1A 2A 3A 4A

 

parcours scolaire et handicapLésion cérébrale, IMC, dyspraxie, dyslexie… Le handicap peut être invisible, mais perturbe souvent le parcours scolaire et assombrit les perspectives professionnelles.
Réunis par L’Adapt du Rhône et l’association 123Dys, une trentaine de parents et de jeunes ont livré leurs inquiétudes et partagé leur expérience. Morceaux choisis.

Orientation : le grand désarroi

« Son établissement ne veut plus le garder. On fait quoi ? »
Nicole D. Je perds ma santé à trouver une orientation pour ma fille. Elle vient juste d’être diagnostiquée multidys, alors que les enseignants estiment qu’elle est seulement paresseuse. Je me démène pour trouver une solution. Mon dernier espoir : une formation en alternance dans une maison familiale rurale (MFR).


Catherine. Notre parcours est identique : le diagnostic de dyspraxie a été très tardif et les difficultés scolaires de Caroline étaient installées. Elle prépare actuellement un BEP de services à la personne, mais son établissement ne veut pas la garder. On a repéré aussi une MFR. Il faut cependant trouver un contrat d’apprentissage, et ce n’est pas gagné.

La passion ou la raison

« On propose souvent à nos enfants des orientations très stéréotypées : espaces verts, services aux personnes et petite enfance, secrétariat… Est-ce qu’on ne pourrait pas partir d’abord de la passion des jeunes ? »
Christine. Nos ados ont connu un parcours scolaire tellement difficile qu’ils sont très démotivés et ont du mal à dire ce dont ils ont envie. Quand, en fin de troisième, l’orientation dans une filière générale n’était pas envisageable pour Juliette, on a cherché une voie où il n’y ait pas de gestes manuels ni techniques. On n’avait pas d’idées préconçues, mais ce qui était accessible se résumait au BEP de services à la personne et au bac technologique sanitaire et social (ST2S) qu’elle prépare aujourd’hui.
Nicole P. Les stages, c’est drôlement important pour qu’un jeune découvre s’il est dans la bonne voie ou, au contraire, s’il se trompe. Car son projet mûrit aussi avec des expériences ratées.

Le premier contact avec l’entreprise

« Est-ce une bonne idée de se prévaloir de son handicap à l’embauche ? »
Christine. Après le bac, Juliette envisage une formation en alternance de préparatrice en pharmacie. Pour trouver un contrat d’apprentissage, nous avons passé ensemble 300 coups de fil et écrit 80 lettres de motivation qui faisaient mention de son handicap. Nous avons reçu 3 réponses positives. J’ai été heureusement surprise de la réaction d’une pharmacienne qui jugeait courageux et positif le choix de parler du handicap dans sa candidature.
Gilbert, association L’Adapt. Comme les entreprises ont aujourd’hui une obligation d’emploi de personnes handicapées, ça peut être stratégiquement intéressant pour le jeune de mentionner sur son CV qu’il a la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Par contre, dans sa lettre de motivation, inutile de rentrer dans les détails. C’est au moment de l’entretien qu’il pourra expliquer de façon simple ses difficultés.

Retrouvez la suite de cet article dans la rubrique Rencontres de parents / Scolarisation de l’enfant handicapé